Chrysomèles (Coleoptera)
Oulema spp.

La grande famille des chrysomèles ou Chrysomelidae est divisée en 19 sous-familles et rassemble environ 37 000 espèces herbivores réparties dans le monde entier. Presque chaque espèce est oligophage et se nourrit donc exclusivement sur des plantes appartenant à la même famille, voire au même genre.

Description
Du fait de leur mode de vie sédentaire (elles passent l'essentiel de leur vie à la surface des feuilles d'arbres, arbustes ou plantes herbacées) et agrégatives, les chrysomèles sont particulièrement exposées à la prédation. Il n'est donc pas étonnant d’observer,a posteriori, qu'elles ont développé, au cours de leur évolution, des mécanismes de protection variés contre leurs ennemis naturels. Elles sont souvent brillamment colorées (l'étymologie grecque du mot chrysomèle signifie coléoptère doré) et ce caractère distinctif est un signal d'avertissement de leur toxicité. La défense chimique est en effet très répandue au sein de la famille. Les substances défensives utilisées peuvent être stockées dans le sang et les tissus de l’insecte. Lorsque l'insecte est inquiété, elles peuvent également être émises par saignée réflexe ou depuis des glandes spécialisées. Ces substances sont de véritables armes chimiques qui les protègent de la prédation. Elles doivent agir rapidement et être au moins dissuasives, irritantes voire toxiques. La diversité des composés chimiques présents dans les sécrétions défensives de ces insectes est étonnante. La plupart de ces substances sont d'origine autogène mais certaines espèces séquestrent des composés secondaires des plantes pour élaborer leur propre stratégie défensive.

Les chrysomèles sont au cœur d'une communication chimique intense : elles appréhendent leur environnement grâce aux odeurs émises par les plantes et se protègent de la prédation en libérant dans l'atmosphère un bouquet de composés volatils répulsifs ou toxiques. Elles constituent donc un modèle privilégié pour étudier le rôle et l'évolution des médiateurs chimiques dans les relations multi-tritrophiques.